La pilule contraceptive

ATTENTION PILULE

Cet article je rêve de l’écrire depuis maintenant deux ans. Deux ans, c’est au moins le temps qu’il fallait pour que je mûrisse et que je puisse trouver les mots justes pour te parler de mon expérience avec la pilule. Aujourd’hui je suis libérée de son emprise et de ses effets secondaires, je peux enfin en parler et libérer la vérité à son sujet. Je ne suis pas la seule à parler, d’autres femmes m’ont fait l’honneur de me donner leur témoignage. Si des messieurs passent par ici, ne partez pas si vite,  j’ai également recueilli le témoignage de mon mari car c’est un sujet qui se vit à deux et qui doit vous interpeller aussi.

A travers cet article j’espère t’encourager toi, la femme qui me lit, à redevenir pleinement toi même, en commençant par la reconquête et la connaissance de ton corps. Le fait est qu’on a tellement voulu séparer la femme de son corps, on l’a tellement désinformée qu’elle ne se connaît pas. Chacune de nous devrait connaître son corps et son cycle hormonal. Pour moi c’est ça le vrai féminisme, et non pas celui d’enfermer les femmes dans des idéologies qui la font souffrir sous prétexte d’égalité et de liberté.

Son histoire

En  1955 Grégory Pincus, met au point la première pilule contraceptive. La pilule est commercialisée aux Etats-Unis depuis 1960 et sept ans plus tard (en 1967), sur une proposition de Lucien Neuwirth, les députés français autorisent son utilisation en France. La pilule est disponible en pharmacie et sur ordonnance (avec autorisation parental pour les mineures).

En 1999, une petite révolution vient bouleverser le quotidien des femmes : la mise en vente libre de la pilule du lendemain dans toutes les pharmacies. Plus besoin d’ordonnance pour avoir recours à la contraception d’urgence. En 2001, la vente en pharmacie de la contraception d’urgence devient gratuite pour les mineures, sans prescription médicale ni autorisation parentale.

Je t’aime moi non plus

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Voilà donc, la pilule contraceptive, symbole de libération sexuelle, de la femme et du féminisme. Comment pouvais-je passer à côté d’elle ?

A l’âge de 16 ans, trop peureuse pour en parler à ma mère car nous étions de famille croyante, je me suis dirigée vers le planning familial avec une copine. J’avais honte de ne pas suivre les mêmes valeurs que ma famille, je ne pouvais donc pas parler de probables futures relations sexuelles. Le planning familial c’était pour moi le meilleur moyen de pouvoir me la procurer sans que mes parents soient au courant.

Je n’oublierai jamais l’attente dans cette pièce glauque il faut le dire. Plusieurs femmes étaient là, certaines pour la pilule, d’autres pour pratiquer un IVG. Je ne me sentais pas forcément en sécurité mais je voulais à tout pris la pilule, mère de ma génération. Pour moi c’était symbolique. J’allais enfin devenir une femme au moment où cette toute petite chose serait ingurgitée. Mon corps allait changer, mûrir et j’avais tellement hâte ! Qu’est ce que j’ai pu être bête ! Bref, la dame m’a enfin reçu, elle m’a juste demandé pourquoi j’étais là, si je fumais ainsi que mes habitudes ou possibles problèmes de santé. Le rendez-vous a duré moins de 5 minutes et j’avais enfin mon ordonnance ! Youpi !

C’est ainsi que mon histoire d’amour avec la pilule commença pour se terminer 6 ans après. Moi qui suis très tête en l’air il faut l’avouer, la prendre à heures fixes et m’y tenir, était un vrai challenge. Mais ce n’était pas grave, je voulais tout mettre en œuvre pour bien la prendre et être enfin une femme. J’espérais d’ailleurs que par la même occasion mes petits seins se développeraient un peu plus grâce à elle ! Et bien en ce fait, ce sont d’autres choses qui se sont développées, pas forcément ce à quoi je m’attendais.

PAUSE

Stop quelques instants sur cette période de ma vie que beaucoup de jeunes filles ont vécu ou peut-être vivent en ce moment. Si seulement ma voix pouvait résonner dans ton cœur.

J’aimerais maintenant parler à la jeune fille de 16 ans que j’ai été. J’aimerais te dire tout ce que tu aurais dû savoir. Ce n’est pas parce que toutes les filles de ton lycée ou de ton collège sont sous pilule, que tu dois forcément la prendre aussi. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui toutes les filles de ton âge vivent des relations sexuelles, que toi aussi tu dois le faire. Tu n’as pas besoin d’être en couple pour te sentir belle et valorisée, tu n’as pas besoin d’alcool pour rire et te sentir libre. Pourquoi le regard d’un homme, ou ses belles paroles pourraient te dire qui tu es et nourrir ton estime de toi quand tu ne sais pas encore qui tu es ? Je voudrais te dire d’être patiente, de ne pas brûler les étapes et de ne pas réveiller l’amour avant le bon moment. Que tes actes auront des conséquences sur tes futures relations. J’aimerais te dire que tu es précieuse, que ton corps l’es aussi et qu’il y a un temps pour tout. Je t’en supplie ne brûle pas les étapes. Apprends à te connaître et à développer ton identité de femme autrement…

Presque 10 ans après mes actes marquent encore mon corps et aussi mes pensées, je pensais être une jeune femme libre, mais mes actions ont détruit l’estime que j’avais de moi, l’alcool et les garçons ont fait des ravages sur mon corps et mon âme aussi. Je pourrais aujourd’hui balancer quelques « porcs » qui ont contribué à mon mal-être et la perte de mon estime de moi-même que j’ai subi pendant plusieurs années.

Liberté sexuelle… De nos jours on fait l’amour comme on s’essuie (FAUVE), alors que tout le monde rêve de stabilité, d’être aimé et d’aimer aussi en retour. On nous pousse à croire que c’est ça se sentir libre, se donner où on veut et avec n’importe qui. Mais on fini par se perdre, perdre son identité, perdre des morceaux de nous peu à peu.

« C’est en faisant n’importe quoi, qu’on devient n’importe qui »

Rémy Gaillard

Liberté sexuelle oui, pouvoir en parler plus librement, échanger sur la sexualité, en faire quelque chose de beau, dans un cadre sécure. Parents, levez le tabou sur la sexualité,  faites comprendre à vos enfants qu’ils peuvent en parler, qu’ils peuvent vous poser des questions sans avoir honte. Qu’est ce qui est le mieux ? Que ton enfant apprenne la sexualité à ses dépends ? Qu’il ne sache pas quelles limites imposer ?

Bref, et après ?

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Le temps a passé et bien évidemment, je n’ai jamais réussi à être toujours régulière dans la prise de la pilule, ce qui m’a valu quelques allées et retours à la pharmacie pour me procurer la pilule du lendemain. Oups. La pharmacienne m’a même encouragée à toujours en avoir une d’avance dans ma table de chevet.

Mais la pilule du lendemain c’est quoi exactement ?

 Une pilule du lendemain est un médicament, fortement dosé en progestérone, qui agit différemment selon le moment où elle est prise. Si le rapport sexuel a eu lieu avant l’ovulation, la pilule du lendemain repoussera l’ovulation et évitera ainsi tout risque de fécondation. Si le rapport sexuel a eu lieu après ou pendant l’ovulation, alors la pilule du lendemain empêchera la nidation. Elle aura alors une action abortive (passeport santé).

Voilà, à savoir que oui la pilule du lendemain en cas de fécondation est abortive… Personne ne m’avait jamais informé là-dessus quand j’avais 16 ans. J’aurais voulu le savoir avant de mettre ce cacheton dans ma table de chevet.

J’ai continué mon petit bonhomme de chemin, à 18 ans, j’ai rencontré Thomas qui est mon mari aujourd’hui. C’est là que tout a commencé. Je me suis posée des questions sur ma contraception. J’ai alors pu aborder le sujet avec ma mère qui avait été sous pilule pendant des années. Pour notre couple c’était « normal » de continuer avec la pilule, parce que c’est la seule chose facile d’accès que nous ayons jamais connu en France. Le stérilet hors de questions, car pour nous la vie commence déjà là où le stérilet l’empêche de continuer son chemin. Patchs, implants ce n’est pas rassurants et le préservatif évidemment pas toute une vie. (Autant dire que la méthode naturelle ne nous a même pas traversé l’esprit). Donc la pilule était le meilleur moyen de contraception pour notre couple.

Mes symptômes 

Mais pas tant que ça, six ans après je ressentais plus la même chose. Je n’étais plus maître de mon corps, de mes émotions. J’étais beaucoup plus stressée et angoissée, ce qui ne me ressemblait pas du tout, je n’avais jamais été comme ça.  J’avais pris du poids et je ne me sentais pas bien dans mon corps. J’avais également de fortes migraines que je pensais ophtalmologiques. Mais si ça n’avait été que ça, le pire pour moi c’était l’état de ma libido, elle était en chute libre et je ne comprenais pas pourquoi… Mon esprit me disait fait l’amour, mais mon corps entier n’en ressentait pas l’envie. J’avais des sécheresses vaginales qui entraînaient pour LUI et moi des irritations. Ce n’était franchement pas fun.

La révélation m’est venue lorsque j’ai lu le livre de Thérèse Hargot « Une jeunesse sexuellement libérée, ou presque ». Un livre que je recommande milles fois à toutes les femmes et jeunes femmes, mais aussi les hommes. Il a changé ma vision sur beaucoup de choses et notamment concernant la pilule. Après l’avoir lu j’étais persuadée que ma contraception était la cause de tous mes maux. Ni une, ni deux je prends rendez-vous avec ma gynécologue, pour lui en parler… Et là ! Le déni total, pour elle c’était du n’importe quoi, impossible que ce soit la raison de mes maux. Ce que je n’avais pas dit ! J’avais touché un point sensible et je m’attaquais aux fondements du féminisme, pour elle c’était un retour en arrière, alors que je souffrais vraiment. Mais ce jour là j’ai vu dans son regard qu’elle savait. Impossible de l’expliquer mais je peux affirmer ; elle essayait de me convaincre alors qu’elle-même savait que ma contraception était la cause de tout mes maux.

Je suis rentrée en colère, avec milles questions ! Moi, petite fille de la révolution sexuelle, sous prétexte de sauvegarder le féminisme, je devais fermer ma bouche et continuer de souffrir en tant que femme et dans mon couple ? C’était hors de question, et ce jour là est né mon « combat » contre ce féminisme. Émancipation de la femme oui, fermer les yeux NON, faut pas déconner sérieux !

J’attendais Thomas tranquillement à la maison ce soir là, avec la ferme intention de vouloir stopper la contraception hormonale. Il est arrivé, je lui ai beaucoup parlé. En effet, si tu es mariée ou en couple, c’est une décision qui se prend à deux. Déjà pour être soutenue dans ton choix et par respect de la personne avec qui tu partages ta vie. Tu ne peux pas dire « C’est mon corps il m’appartient » et écarter totalement l’homme qui subira peut-être ton choix. Si tu as bien choisi ton compagnon de route, il fera comme Thomas, il t’écoutera. Il te fera part de ses craintes, de ses doutes, il te posera des questions aussi, mais il choisira ce qui est le mieux pour toi. Ce jour-là Thomas a décidé de me suivre dans cette folle aventure, d’écouter ce que mon corps et mon cœur disait.

Nous étions mariés depuis début juillet et lorsque j’ai pris ma décision nous étions déjà mi octobre. C’est ainsi que mon aventure avec madame la pilule s’est terminée. Aujourd’hui je fête mes deux ans sans hormones, j’ai retrouvé mon poids normal, mes émotions n’ont plus le dessus sur moi, je ne suis pas tombée enceinte et j’ai retrouvé toute ma libido ! Mon corps tout entier désire et veut faire l’amour, ce n’est plus mon esprit qui me le dicte, mais aussi tout mon être. Nos relations n’ont jamais été aussi fortes. Thérèse Hargot avait raison, la pilule était venue comme un coupe faim, au début tu n’en vois pas les effets, mais plus le temps passe, moins tu as faim. A l’heure d’aujourd’hui, je me sens réellement femme, je connais mon corps et je l’aime tellement plus qu’avant. Partir à la reconquête de mon corps a été une merveilleuse expérience.

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Le témoignage de mon mari

« Nous avons longuement discuté avec ma femme quant à l’arrêt de sa pilule contraceptive. À la suite de son souhait, mon premier réflexe a été de paniquer ! Ensuite j’ai dans un premier temps été contre, qui voudrait repasser par la case préservatif ?? Puis nous en avons encore discuté et une des choses qui m’a interpellé c’est quand elle m’a posé cette question : « Prendrais-tu une pilule bourrée d’hormones ? » No Way !! Bien sûr que non !! Alors pourquoi devrait-elle en faire autant ? C’est comme ça que nous avons décidé ensemble ce jour-là qu’elle arrêterait la pilule. Puis les premiers jours ont passé et laissé place à la peur d’être papa. Pour avancer ensemble plus tranquillement, Elo a entamé un travail pour mieux connaitre le fonctionnement de son corps. Aujourd’hui je suis entièrement confiant et lui fait confiance à 1000%. Grâce à la contraception naturelle nous savons quand nous protéger pour éviter une grossesse.  Notre vie sexuelle est totalement différente et encore plus fusionnelle qu’avant. J’ai retrouvé une femme épanouie et en pleine santé. »

Thomas Kaioun

Le post pilule

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L’après pilule il faut en parler aussi. Évacuer 6 ans d’hormones de synthèses c’est pas si facile que ça. Les semaines qui ont suivi, je n’ai pas trop vu la différence, mais j’étais déjà rassurée de ne plus faire pipi des hormones et donc de ne plus faire de mal aux poissons dans l’eau. (D’après une étude britannique, 20% des poissons d’eau douce mâles deviennent transgenres,  à cause des molécules présentes dans les pilules contraceptives qui terminent leur chemin dans les rivières, BFMTV).

Puis j’ai commencé à remarquer que j’étais comme envahie par mes sentiments, je suis devenue très instable dans mes émotions et très sensible. J’étais chamboulée. Mais j’ai compris qu’il fallait du temps pour que mes hormones se régulent. Et finalement c’est ce qui s’est passé, je me suis par la suite apaisée. D’ailleurs, merci Thomas pour ta patience pendant cette petite période.

J’ai remarqué aussi que mon instinct maternel s’est très fortement développé, j’ai eu une envie soudaine d’un bébé alors que nous n’étions tous les deux pas prêts pour cela. Si tu dois arrêter la pilule, prend le temps de bien évacuer les hormones et de laisser ton corps se remettre. A ce moment là, tu pourras bien réfléchir à une future grossesse. Aujourd’hui je suis contente de ne pas avoir pris de décision à la hâte car mon envie de bébé s’est totalement évaporée quelques semaines plus tard. « Dans un désir irréfléchi, il n’y a rien de bon et précipiter ses pas fait commettre une faute ».

Le cap des boutons… Évacuer les hormones demande de la patience, pendant quelques semaines j’ai eu une poussée de boutons alors que je n’en avais JAMAIS eu avant, même à l’adolescence. J’ai du prendre mon mal en patience et comprendre que ces boutons évacuaient quelque chose.

Les règles douloureuses… C’est à prévoir dans certains cas, personnellement, déjà avant la pilule mes règles étaient douloureuses et la pilule m’avait apaisé. Je suis donc allée chez un médecin, et hop une prescription d’Antadys et mes maux étaient calmés.

Un cycle perturbé, toujours le temps d’évacuer ces fichues hormones, mon cycle n’est pas revenue tout de suite à la normale. Je crois que je n’étais déjà pas régulière avant la prise de la pilule. Enfin bon, comme j’ai eu mes règles à 15 ans, que j’ai pris la pilule à 16 ans je n’ai pas trop eu l’occasion de vérifier si j’étais régulière, mais je n’ai surtout pas eu la chance non plus de voir mon corps changer et grandir de lui même. En attendant un cycle régulier, prenez vos précautions ! (préservatifs, symtothermie…). Pour moi cela a pris quelques temps, mais pour chaque femme c’est différent.

Voilà, c’est un peu les effets « négatifs », mais ils ne durent qu’un temps, et ils ne sont rien à comparer de tous les autres effets négatifs que la pilule engendre. Aujourd’hui, je peux témoigner et affirmer que je me sens tellement mieux sans ! Je ne regrette rien, si c’était à refaire je le referais complètement. Je me sens enfin réellement femme, je connais mon corps par cœur, tel qu’il a été crée.

Si tu prends la pilule, peut-être parce que tu as des règles douloureuses, ou pour être régulière ou encore parce que tu as des boutons, je pense que c’est une très mauvaise raison de l’utiliser. Je t’encourage à accepter ton corps, comme il est et il existe toujours d’autres solutions naturelles !

Pilule et cancer du sein

Il faut en parler aussi, les femmes qui utilisent une contraception hormonale ont un risque de développer un cancer du sein par rapport à celles qui n’en ont jamais utilisé, (selon une vaste étude publiée dans The New England Journal of Medicine). Des chercheurs de Copenhague ont suivi 1,8 million de femmes danoises âgées entre 15 et 49 ans. Parmi elles, 11.517 ont développé un cancer du sein au cours de cette période. L’analyse des données épidémiologiques montre que, sur 100.000 femmes utilisant un contraceptif hormonal, 68 développent un cancer du sein chaque année, contre 55 seulement parmi celles qui n’en utilisent pas. Soit un risque supplémentaire de 13 cas par an pour 100.000 femmes. La hausse est donc significative. 

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Quelques statistiques

J’ai profité de ma communauté sur Instagram pour réaliser un petit sondage…

  • Sur 146 femmes, 95 d’entres elles sont sous contraception hormonale. Soit 65 %.
  • Sur 125 femmes qui ont une contraception hormonales, 59 d’entres elles ne sont pas satisfaites par leur contraception. Soit 47 %.
  • Suite à différents problèmes liés à la pilule, sur 111 femmes, 61 ont choisit d’arrêter de la prendre. Soit 55 %.
  • Les gynécologues ont dissuadé 30 femmes sur 99 d’arrêter la pilule. Soit 30 %.

 

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Témoignages

« Je suis une jeune femme de 22 ans. A l’âge de 16 ans j’ai eu des douleurs en bas du ventre. Suite à une échographie, mon médecin me découvre un kyste de 7cm sur l’ovaire et m’envoie vers une gynécologue, je n’avais jusqu’à lors jamais eu de rdv avec un gynéco. J’ai suivi les conseils de mon médecin, la gynéco m’explique que l’on va me mettre sous pilule afin de mettre mes ovaires au repos pour permettre à mon kyste de « partir » par lui-même. Quelques semaines plus tard, j’ai un examen de contrôle afin de vérifier la disparition de mon kyste. Ça avait effectivement fonctionné. La gynéco me conseille de continuer la prise de la pilule et m’explique que ça m’aiderait à lutter contre mon acné et que ça calmerait mes douleurs lors de mes règles. J’ai donc commencé à prendre ma pilule quotidiennement. Je la prenais pour soulager mes douleurs et atténuer mon acné, non pas pour sa fonction première de contraception, puisqu’à cette époque je n’avais pas encore de rapports sexuels.

Quelques mois plus tard, le problème des pilules de 3eme génération explose. Je prends rdv avec ma gynéco et lui explique que je ne veux plus la prendre. J’avais à cette période mon premier petit copain, et avec ça mes premiers rapports sexuels. Elle me prescrit alors une nouvelle pilule : Leeloo. Vers mes 20 ans j’ai commencé à avoir des soucis avec ma Leeloo, comme avoir mes règles toutes les 2 semaines. Autant dire que c’était assez insupportable ! Je change alors une nouvelle fois de pilule, pour au final en essayer cinq différente ! En effet j’ai eu plusieurs effets indésirables en fonction des pilules : sauts d’humeurs incessants, migraines, prises de poids, ect … C’est à cette période-là que j’ai commencé à m’interroger sur l’effet que la pilule avait sur mon corps. J’ai commencé à en parler avec mes amies, et à lire des témoignages sur internet. L’idée de stopper définitivement la pilule a commencé à me traverser l’esprit, mais difficile d’arrêter cette petite pilule qui nous accompagne depuis notre adolescence…

Je me suis renseignée auprès de personnes qui avait fait ce choix courageux d’arrêter la pilule, notamment une personne, qui m’a accompagnée dans cette démarche. Notre influenceuse préférée ELODIE ! Je ne la remercierai jamais assez pour tout le soutient qu’elle m’a apporté … Il y quelques mois mon corps m’a dit STOP ! Je ne supportais plus de bouffer ces hormones. J’avais des sueurs froides toutes les nuits, je me réveillais trempée. J’allais mal, je ne me reconnaissais plus, je n’étais plus capable de prendre des décisions, j’avais des sauts d’humeurs en permanence ; un véritable mal être c’était emparé de mon corps et de ma tête. Il y a donc 7 mois aujourd’hui que j’ai arrêté la pilule. C’est une décision que j’ai prise avec mon compagnon, puisque j’estime que lui aussi est concerné par le sujet. Nous avons discuté longuement car il n’était au départ par forcement pour (mais ça c’est une autre histoire). Les deux premiers mois ont été un peu compliqués, je pleurais pour un rien et j’étais super émotive. Mais je savais que ces réactions excessives étaient la conséquence de l’arrêt de la pilule. Mes règles on immédiatement était hyper régulière. J’ai utilisé l’application « FLO » pour m’aider à suivre mon cycle. Je dois cependant avouer que j’ai retrouvé la douleur des règles mais quel soulagement de savoir que tout ça est NATUREL ! J’ai à nouveau le contrôle sur mes émotions. Au niveau de mon poids : je ne pense pas avoir spécialement mincis mais je me sens bien moins serrées dans mes vêtements, et je n’ai plus l’effet de jambes lourdes que j’avais tout le temps. Et enfin, ce qui a été le plus surprenant pour moi c’est au niveau de ma libido. Depuis mes premiers rapports sexuels j’ai été sous pilule, je n’avais donc eu aucun rapport sans. J’ai tout d’abord constaté que j’étais bien moins « sèche » qu’avant, j’ai gagné en assurance, en estime et en confiance en moi, et j’ai surtout autant envie que mon homme de faire l’amour. C’est d’ailleurs le plus grand changement suite à l’arrêt de la pilule, puisque je n’avais que très peu de libido. C’est comme ci avant je me forçais à avoir des rapports sexuels, ma tête avait envie mais mon corps non.

Je suis désolée d’avoir été si longue … Pour conclure, mon seul regret est de na pas avoir arrêté plus tôt. C’est un long périple mais qui en vaut la chandelle. Sachez qu’il existe des alternatives, et que vous n’êtes pas seule. »

Claire, 22 ans

« La pilule, une belle invention ! Tout le monde la prend. C’est simple et efficace… Enfin c’est ce que j’ai cru puis finalement on déchante vite ! Parce que toutes les femmes la prennent, parce qu’un combat a été gagné dans ce sens alors on perçoit la pilule presque comme le Saint Graal. Et puis il n’y a pas beaucoup de moyens ultérieurs pour ne pas tomber enceinte. Alors on prend la pilule…. Parce que c’est normal…

Personnellement, je n’imaginais pas que cela entraînerait autant d’effets conséquences. Quand j’étais plus jeune, j’entendais beaucoup de jeune fille parler de leur prise de poids. En moi-même je me disais que ça ne me concernerait pas. Et bien non, la prise de poids ce n’est pas ce que j’ai vécu. J’ai commencé à prendre la pilule à 20 ans. Et je peux affirmer qu’en 3 mois seulement j’ai commencé à sentir des effets. J’ai été sujette à des angoisses. Et puis surtout j’ai vécu une baisse de libido.  J’ai très mal vécu cet épisode. Je me suis remise en question, je me suis dit que j’avais un problème, que ça venait de moi. Pour mon mari ça n’a pas été évident non plus. Je suis donc allée voir mon gynécologue en lui expliquant que depuis que je prenais la pilule ma libido avait complètement changé. Que mon corps était comme bloqué. Il m’a alors répondu : « non mais c’est nouveau ça maintenant … toutes les femmes me sortent ça ». « C’est dans votre tête ».  Je souligne quand même que sur la notice de la pilule le baisse de libido est notée comme un des effets secondaires…  J’ai alors accepté de prendre une autre pilule, moins dosée. Après 1 mois de prise j’ai senti à nouveau les conséquences sur mon corps. 

J’ai finalement décidé, avec mon conjoint, de complètement stopper ce moyen de contraception hormonal. Aujourd’hui je suis convaincue que le corps est un ensemble d’équilibre. Le modifier engendre forcément des conséquences. En y réfléchissant, prendre un comprimé quotidiennement ça n’a rien d’anodin.

Aujourd’hui je ne dirais pas que je suis contre la pilule. C’est vrai, certaines d’entre nous la supporte très bien. Par contre, je pense profondément que nous devons être davantage sensibilisées sur les conséquences qu’elle peut entraîner. Aussi, la contraception c’est quelque chose qui se vit à deux. Ça a été important pour moi que mon mari comprenne ce que je pouvais vivre.»

Noémie, 23 ans

LES ALTERNATIVES

La symptothermie

La symptothermie est la méthode que j’utilise avec mon mari à moyen contraceptif. Mais elle peut aussi favoriser une grossesse si le couple a un désir d’enfant.

Clique ici pour découvrir mon article sur la symptothermie qui explique la méthode : La symptothermie en simple

Le témoignage de Mandy et la symptothermie 

« En Janvier 2017 je me suis intéressée à la symptothermie qui est une méthode naturelle qui vous permet de déterminer vos phases fertiles de vos phases infertiles. (…) J’ai longtemps associé la pilule à du confort et du bien être, ce qui a été sans doute le plus grand frein pour moi, tout mon corps était trompé par un minuscule cachet. Au delà d’être une méthode naturelle, j’ai trouvé dans la symptothermie une source d’encouragement à connaître mon corps et de partage avec mon mari. Heureuse de pratiquer cette méthode aujourd’hui, j’encourage chaque femme à être à l’aise avec son corps et à connaître ses phases fertiles et infertiles pour pouvoir aborder la vie plus sereinement, dans le partage et la communication. La symptothermie en est pour moi la meilleure porte d’entrée. »

Lire le témoignage en entier

MandyFbd
28 ans

Image associée

La méthode Billings expliquée par Nadia :

La méthode Billings est une méthode de régulation naturelle des naissances. Elle permet d’éviter une grossesse ou au contraire de la favoriser, au moyen d’une observation quotidienne. Un cycle dure en moyenne 28 jours. L’apparition des règles correspond au premier jour du cycle  et l’ovulation apparaît vers le 14ème jour et correspond à la période fertile. La méthode se base sur l’observation et le repérage de la glaire cervicale (sécrétée par le col de l’utérus) qui permet de repérer le moment de son ovulation et donc sa période de fertilité : en effet, l’aspect de la glaire change au cours du cycle et ce sont ces changements qui permettront de donner des indications sur la période fertile ou infertile. Cette glaire change notamment le pH du vagin et de ce fait lors de l’ovulation celui-ci est plus accueillant pour les spermatozoïdes. De manière très schématisée, la glaire est comme un filet : lors de l’ovulation, les mailles sont très larges et facilitent le passage des spermatozoïdes. En période d’infertilité, ces mailles sont complètement resserrées, la glaire ferme le col de l’utérus et bloque l’accès aux spermatozoïdes.

Concrètement, lors de l’auto observation (au moment d’aller aux toilettes, en regardant le papier hygiénique tout simplement !), à l’approche de l’ovulation, la glaire change d’aspect : elle devient filante, élastique, transparente (aspect blanc d’œuf) et devient de plus en plus abondante. A contrario, aux autres moments du cycle, la glaire est plus épaisse, collante, blanchâtre, opaque, moins abondante voire inexistante. A ce moment-là on peut ressentir un sentiment de sécheresse, alors que pendant l’ovulation, la femme aura plutôt une sensation d’humidité due au fait que la glaire s’écoule au niveau de la vulve.

Cette méthode, (finalement tout comme la prise de la pilule !) requiert beaucoup de sérieux et de rigueur mais s’apprend très vite. Pour ma part, après l’arrêt de ma pilule, j’ai commencé à remplir un petit carnet d’observation où je notais l’état de ma glaire, la quantité, les sensations, afin de savoir à quel moment de mon cycle je me trouvais, et lorsque nous avions des relations sexuelles. Cela m’a pris quelques mois pour apprendre à comprendre et à écouter mon corps et à interpréter les signes qu’il me renvoyait. De ce fait, j’ai pu facilement savoir quand j’ovulais et donc mettre en place les mesures appropriées pour éviter une grossesse. Cette méthode m’a aussi été bénéfique lorsque nous avions décidé, 2 ans plus tard, d’avoir un enfant ! Mais également de « programmer » chacune de mes grossesses afin que cela tombe au moment le plus opportun pour nous.

La méthode Billings se vit en couple et lors d’une relation de confiance : l’homme doit vraiment être à l’écoute de sa femme ; cette méthode nécessite de bien communiquer avec son partenaire, notamment pour éviter une grossesse (il faudra parler abstinence ou port de préservatif lors de l’ovulation).

Vous pouvez en savoir plus sur www.methode-billings.com

PRÉCAUTIONS

Je n’encourage pas les femmes à arrêter la pilule et ne pas se protéger derrière pour finir par porter une grossesse non désirée et subir un avortement par la suite. Tu as une responsabilité en tant que femme, du moment que tu fais l’amour, oui, tu as des risques de grossesse. Les méthodes naturelles demandent un temps d’adaptation,  de l’implication, et du temps. Pendant ce moment de transition, soit vigilante, ne fais pas l’amour en te disant «on verra bien», un bébé c’est une vie qui engendre tout un tas de chamboulement dans ton corps et ton couple.

Personnellement en deux ans, nous n’avons jamais subi de grossesse non désirées parce nous avons été très attentifs et vigilants lors de nos rapports sexuels.

Pour finir

J’espère que cet article t’encouragera et qu’il t’aidera à ne pas subir la pression sociale qui règne sur nous aujourd’hui. La chose qui parait la plus simple serait de suivre la masse et de rentrer dans un moule pré-définit. Mais parfois penser autrement peu te sauver la vie. Tu as le pouvoir de décider d’être toi même, de faire des choix audacieux  pour ta santé physique et émotionnelle.

N’oublions pas aussi que derrière la contraception, de grandes lobbies pharmaceutiques se font de l’argent sur notre santé.

Tu peux également lire tous les témoignages de femmes qui ont arrêtées la pilule ici : elles témoignent

Voilà je crois que j’arrive au bout de ce long article, n’hésite pas à me faire tes retours. Peut-être que suite à mes mots tu as été chamboulée et tu te poses certaines questions ? Je prendrais le temps d’échanger avec toi et de t’aider au mieux. Tu peux me contacter par mail ou directement par message sur mon Instagram.

A très vite

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Elodie Kaioun

4 commentaires sur “La pilule contraceptive

  1. J’ai arrêté la pilule pour envisager une grossesse.
    Je me sens beaucoup mieux émotionnellement. Je suis plus zen. Et j’apprends à connaître mon corps et les signes qui me renseignent sur mon cycle.
    J’ai l’impression de revivre.
    Je ne suis pas sûre de reprendre cette fichue pilule un jour.
    Je n’avais pas conscience de l’impact que ça pouvait avoir sur le corps. Je la prenais depuis mes 15 ans (J’en ai 30).
    C’est un très bon moyen de contraception quand on est rigoureux mais ce n’est quand même pas anodin.

    Merci pour ton article qui est très complet et traduit bien mon ressenti.

  2. Bonjour, bravo pour ce post très complet.
    Vous n’avez pas parlé du Prof. Joyeux qui a écrit un livre là-dessus.
    Et oui, la pilule a de nombreux effets indésirables, c’est le perturbateur endocrinien le plus important chez la femme. Et ne parlons pas des problèmes immunitaires chez la jeune femme, c’est à dire de la rectocolite hémorragique (rch). La RCH affecte de nombreuses femmes, car les oestrogènes fragilisent la muqueuse intestinale.
    Et oui aussi, nous avons des récepteurs aux oestrogènes dans presque tout le corps….pas seulement dans les ovaires…On l’oublie trop souvent.
    Cordialement.
    Dr. Health Natural.

  3. Merci pour cet article ! J’espère qu’il pouvoir aider des femmes à sauter le pas. Pour ma part, nous partiquons les méthodes naturelles avec joie depuis 5 ans maintenant ! Et je ne changerais pour rien au monde.
    Je me permets juste un ajout… (Edit à votre article). Vous parlez de Billings, de la symptothermie et vous oubliez Fertility Care ! C’est une méthode qui repose aussi sur l’observation de la glaire, mais on note ses observations avec des codes objectivés. Ça a un côté carré pour les esprits plus mathématiques comme moi 🙈
    Et spécificité de Fertility Care, elle peut être utilisée par tous les couples, mais pour les couples qui ont des soucis de fertilité, un parcours médical spécifique peut être proposé, qui s’appelle la NaPro (comme natural procreation). Aussi efficace que la PMA (et même plus) l’idée c’est d’identifier le problème (ce que ne fait pas forcément le parcours PMA) et intervenir au minimum nécessaire pour que le couple puisse concevoir sous la couette et pas dans une éprouvette ! (Bien moins dur comme parcours pour un couple).
    Bref, merci!

  4. Un article très intéressant…
    Je fais partie de ces chanceuses qui n’avaient pas trop d’effets indésirables dû à la prise de la pilule : pas de baisse de libido, pas de prise de poids. Enfin ça c’est ce que je croyais. J’ai pris la décision d’arrêter la pilule, il y a deux ans pour des raisons personnelles. Je n’ai pris aucun avis médical, j’ai juste arrêté comme ça. Evidemment, au début, j’avais le stress de voir mes règles débarquer mais rapidement grâce à une application j’ai su quand j’allais avoir mes règles. Au bout de 6 mois, j’étais même capable de définir ma période de fertilité (ce que je n’arrive plus à faire depuis quelques mois :s). Au fur et à mesure du temps, je me suis rendue compte que je n’avais plus mal aux seins au moment de mes règles, qu’ils n’étaient plus gonflés alors que sous pilule c’était le cas. De même en période de règles sous pilule j’avais des moments de boulimie que je n’ai absolument plus.
    Le plus agréable : ne plus prendre sa pilule tous les soirs, ne pas arriver en soirée ou partir en voyage et ce dire mince ma pilule !!!
    Si l’arrêt de la pilule n’est pas lié chez moi à des effets indésirables ou le souhait de ne plus prendre d’hormone, je me sens plus libre depuis que je l’ai arrêté. Ca serait génial que prendre la pilule ne soit plus un automatisme pour les jeunes filles d’aujourd’hui. C’est à nous futures mamans d’en parler à nos enfants en attendant que la médecine se décide à s’en rendre compte.
    Oups, je ne pensais pas écrire autant.

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