Grossesse & acceptation de soi

pregnant woman sitting on bathtub

Je pensais tout connaître de l’acceptation de soi…

J’aimais mon corps, j’avais accepté les complexes qui étaient miens. J’avais compris à quel point mon corps devait être mon allié. J’étais forte, il était fort, nous étions devenus forts. Nous ne faisions qu’un, lui et moi. Nous marchions main dans la main, nous respectant l’un et l’autre.  Toujours à l’écoute de ses besoins, en respectant ses limites. Prenant plaisir à le valoriser par toutes sortes d’accessoires et cosmétiques. Prenant soin de lui avec mes mots, en choisissant avec soin ceux que j’allais utiliser pour parler de lui.  Ensemble nous apprenions à briller de jour en jour. Il me parlait, j’apprenais de mieux en mieux à ressentir et répondre à ses besoins. J’étais à son écoute. Il était à mon écoute. C’était mon partenaire. Nos étions bien… 

Et puis, il y a eu cette grossesse soudaine… Et je n’ai pas compris… 

J’étais là toujours à le respecter, à prendre soin de lui. Je veillais à ce qu’il mangeais, à toujours le valoriser. Mais lui… Il changeait. Au fur et à mesure des mois, nous nous éloignions et je ne le sentais plus vraiment miens.  Il changeait sans me demander mon avis. Il ne changeait pas comme j’aurais imaginé qu’il change. Il changeait de la manière dont lui même décidait, sans me prévenir et je devais simplement l’accepter. J’avais une image erronée de la femme enceinte, et ce à cause des réseaux sociaux. Je n’avais pas anticipé que les choses pouvaient être différentes.

  • « Alors tu as pris combien ? 🙄
  • J’ai arrêté de compter après 25 kg 🥵
  • Ah oui d’accord quand même, ne t’inquiète pas je suis sure que tu vas tout reperdre»
  • 🤗🖕🏻 »

Mais qu’est ce qu’ils en savent en réalité ?

Comment peuvent-ils savoir que je vais tout reperdre ? Pourquoi veulent-ils absolument que cela en soit ainsi ? Pourquoi je vois nombres de femmes pour qui ce n’est pas le cas ? Comment peuvent-ils savoir que ce ne sera pas mon cas à moi ?

Pendant toutes ces années en tant que coach, j’ai appris le lâcher prise et je l’ai même enseigné. Mais après ces 9 mois c’est une autre sorte de lâcher prise qui rentre en jeu. Ce genre de lâcher prise que tu dois avoir à chaque fois que tu te regardes toute nue dans le miroir, que tu essaies un jeans de ton armoire que tu reposes aussi sec. Ou encore, quand tu essaies de remettre une bague toujours trop petite pour tes doigts encore gonflés.

Je n’ai pas compris pourquoi...

Mais je choisis

Mais je choisis. Je choisis de ne pas devoir brusquer mon corps et le forcer à tout reperdre aussi tôt. De ne pas céder et lui infliger cette pression. Je décide de lui dire qu’il a le temps de se remettre après ces 9 mois de grand changement. Je décide de ne pas abandonner pour autant, de continuer à prendre soin de lui. Continuer à l’aimer et le valoriser du mieux que je peux. Même si parfois j’échoue. Même si des fois j’ai mal de le voir comme ça. Même si j’en pleure parfois. 

Voilà comment j’ai envie de vivre ce post partum :

NE PAS CÉDER À LA PRESSION DE LA SOCIÉTÉ

Si je ne cède pas, cela veut dire que je fais baisser la pression. J’apprends à relativiser et je m’autorise à prendre le temps de me remettre. Dans ce monde où tout vas trop vite, je veux prendre le temps. Prendre le temps de m’approprier de nouveau mon corps, parce que Rome ne s’est fait en 3 jours. 

Je veux simplement dire que c’est OK de prendre le temps pour se remettre. 

M’entourer des bonnes personnes

Ça veut dire aussi faire attention à ce que je vois, ce que j’entends et de la part de qui. Je choisis de ne pas accepter certains commentaires, de ne pas suivre des comptes Instagram toxiques et de préserver mes yeux pour mon bien-être. Je choisis en fait de poser mes limites. Parce qu’il s’agit là de mon corps. Les recommandations sont bonnes à prendre mais pas de tous. 

Je choisis de demander à mon mari d’être patient et résilient. De continuer à me serrer fort. Je lui demande de l’empathie et de tout faire pour continuer à me regarder tendrement. 

Je lui pose cette question : comment peux-tu m’aider à mieux vivre cette période ?

ne pas abandonner

Je ne me dis pas « oh fichue pour fichue je vais engloutir le pot de Nutella ce matin ». Je veux le meilleur pour lui, ce corps qui a été déformé n’a pas besoin que je me réfugie dans la nourriture. Il a le droit à ses extras comme avant, mais pas tous les jours. Il a besoin que je tienne mes engagements d’avant envers lui.

  • Continuer de le valoriser avec mes mots.
  • Prendre soin de lui avec toute sorte de cosmétiques ; je ne peux pas changer mon ventre pour le moment mais je peux mettre l’accent sur les autres atouts de mon corps.
  • Lui demander pardon de ne pas toujours comprendre.
  • Maintenir mon activité physique. 
  • Rester dans la gratitude.

(Ceci est une partie de mes engagements personnels ils ne sont pas une vérité absolue. Chacun dois pouvoir trouver les tiens ♥️

Un bon exercice…

Lettre à mon corps…

Mon corps, toi mon allié. Toi qui a récemment donné la vie à notre petite Giulia.

Je te demande pardon d’avoir douté de toi, et d’avoir utilisé des mots négatifs pendant toute cette grossesse pour parler de toi. Pardon de ne pas avoir compris ce que tu étais en train de faire. Je n’ai pas su toujours t’épauler et être une bonne supportrice. Tu avais besoin de mon mental mais j’ai souvent refusé de t’apporter cette aide. Pardon pour toutes ces fois où je t’ai regardé avec mépris ou dégoût dans le miroir… Pendant que toi tu étais là, à tout donner pour faire prospérer un bébé en nous. Je n’ai pas compris le sens profond de ce qu’il se passait, et je crois aujourd’hui ne toujours pas percevoir la puissance de ce qu’il se passait.

Pardon de te regarder avec tristesse et nostalgie, en pensant à ce que nous étions avant cette grossesse. Pardon pour ma colère lorsque nous marchons et que tu me fais ressentir que tu ne peux pas, que tu es fatigué.

Malgré tout aujourd’hui, je veux te dire merci. Merci d’avoir tout donné. Merci de m’avoir supporté envers et contre tout. Mais aussi, merci pour ces moments de joie, ces moments de plaisir et d’amour que j’ai pu ressentir. Je veux aussi te dire bravo, bravo d’avoir supporté ce long travail et ces lourdes contractions. Je suis fière de toi aujourd’hui, et fière de nous. 

Aujourd’hui cela ne fait qu’un mois que nous vivons ce post partum. Mais je suis optimiste, tu me connais. Le temps sera notre allié, nous allons nous retrouver.

Je veux te dire que je t’aime et que je vais faire de mon mieux.

Élodie

Le témoignage d’Élena

La maternité a été et est encore là source principale de mes besoins d’adaptation et d’acceptation. C’est un travail constant et finalement gratifiant. Je ne dis pas que je n’ai pas de complexe… Mais que j’évolue avec un certain équilibre. Équilibre parfois fragilisé par des périodes plus compliqué… Mais les doutes et la culpabilité semble déjà tellement ancré dans la vie d’un jeune (nouveau) parent que je me souviens que je suis une maman avec mes limites et mes incertitudes. Et que mon corps est mon enveloppe et qu’il protège mon âme. Et que même avec mes complexes .. dans 50 ans, si la vie me le permet, je regretterai surement mes courbes  post partum quand je me déplacerai avec mon déambulateur et ma bouteille d’oxygène. Le corps que nous critiquons aujourd’hui sera celui que l’on regrette demain. 

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